Mongolie: Oulan Bator – Terrelj – Aïmag de Khövsgöl

Mercredi 31 juillet, 19h, arrivée à Oulan Bator, capitale de la Mongolie, après 12h de bus qui nous ont déjà permis d’entrevoir la beauté du paysage, alternant collines et steppes parfois à perte de vue. On aperçoit des yourtes éparpillées dans les steppes, et jamais loin des troupeaux de chèvres, de vaches, de chevaux ou encore de chameaux. Un régal pour les yeux!

Comme je vous disais donc, il est 19h quand on arrive à Oulan Bator. Le couple de canadiens rencontrés dans le bus, Laura rencontrée dans la guest house d’Oulan Oude et moi prenons un taxi pour nous emmener au centre ville, l’objectif étant de trouver un endroit ou dormir rapidement. au bout de la 4ème guest house, on nous envoie vers un hôtel classique bon marché. Beaucoup de backpackers dans la capitale, et tous les dortoirs sont pris. En chemin, on perd nos deux canadiens et on retrouve Louise, la hollandaise qui était dans un autre bus pour Oulan Bator. Tous trois, nous nous rendons donc dans notre hôtel, pas top et on essaye de nous faire payer plus cher à l’accueil. On se met donc en route pour trouver une guest house qui puisse nous héberger le lendemain. En chemin, on rencontre israélien qui nous emmène dans la sienne. On réserve donc à « Natural Guest House » la nuit suivante. Puis, nous partons manger dans un restaurant chinois. En rentant, je croise Romain et Ben, deux français rencontrés lorsque je suis arrivé à Oulan Oude, accompagné d’un canadien que j’avais croisé à Irkoutsk! On part boire un coup. Il se trouve qu’ils sont dans la même guest house que celle que l’on a réservé le lendemain.

Jeudi 1er août, chacun a des plans différents pour la matinée. On se donne donc rendez-vous pendant le temps de midi pour rejoindre notre nouvel hébergement. Je pars donc au Departement Store, le grand centre commercial du centre ville pour prendre mon petit déjeuner. La veille, mes potes français m’avait conseillé le 6ème étage pour trouver un wifi de très bonne qualité et des restaurants sympas. Là-bas, je rencontre Benjamin, un français qui, revenant du Vietnam où il a passé une année en fac de droit, a décidé de rentrer par les voies terrestres.

11h45, je rejoins mes compagnons de voyages et nous nous rendons à notre auberge de jeunesse où sont déjà hébergé une dizaine d’israéliens. Shalom! En fait, à Oulan Bator, vous croisez énormément d’israéliens… et de français. La différence entre les deux, c’est que les israéliens n’ont pas besoin de visas pour rentrer en Mongolie (ni en Russie!). Après leurs 3ans de service militaire (2ans pour les femmes), beaucoup partent en voyage pour une ou plusieurs années. Ils sont assez « roots » (traduisons par « babacools » pour les plus de 50ans!), se faisant pousser les cheveux, « symbole de liberté » me dira-t-on. L’auberge n’est pas très propre, rien d’exceptionnel, mais il y règne une ambiance sereine et on décide d’hors et déjà de réserver deux nuits de plus.

Ma seule activité de l’après-midi sera d’aller m’acheter une carte SIM. Je pense d’hors et déjà rester plus d’un mois, en se renseignant on se rend compte qu’il y a beaucoup de choses à voir ici et un mois ne m’a pas paru assez pour visiter la Russie, je crois qu’il en sera de même pour la Mongolie. Un numéro de téléphone pourrait m’être utile, surtout que c’est très bon marché ici!

Le soir, Laura, Louise et moi partons manger un bout dans une cafétéria bon marché à deux pas de la guest house. Un mongole d’un quarantaine d’année vient discuter avec nous. A notre arrivée à Oulan Bator, on a été frappé par la quantité de karaokés. On décide donc de partir pousser la chansonnette et sommes ainsi rejoint par le deux français et le canadiens avec qui j’avais bu un coup la veille. Notre nouvel ami mongole est de la partie. Pour résumer notre heure de karaoké: Imaginez-vous dans un petit salon tout confort avec une espagnole qui saute de partout, un canadien qui donne autant de voix que Robert Charleboix et un mongole qui passe sa soirée a faire du « air guitar » (soit jouer de la guitare sans guitare!). Vous y rajouter une musique assourdissante et deux micros, quelques lumières et vous y êtes!

Vendredi 2 août, retour au Departement Store pour le petit-déjeuner. J’y retrouve Benjamin, rencontré la veille. Je passe un long moment là-bas et reçoit un message de Romain, parti en excursion, qui me demande d’aller acheter un billet de train pour une israélienne qui est dans son bus…  Elle doit aller à Pékin et doit absolument réserver un train pour la semaine d’après, mais son auberge n’a pas trouvé de billet. Elle ne leur fait pas confiance et me demande donc de récupérer une photocopie de son passeport et de me rendre à la gare. Je ne vois pas trop en quoi je serai plus efficace mais je m’exécute. J’en profite comme ça pour prendre mon appareil photo et aller visiter la ville. A la gare, encore des rencontres avec français, cocorico! Mais pas de billet de train. Je me rend donc finalement dans le grand temple bouddhiste d’Oulan Bator, ou j’entends des chants. Je tombe en plein milieu d’une cérémonie. Très impressionnant, les chants très jolis.

Le soir, je pars boire un verre avec Laura, Louise, une danoise, et deux israéliens. On décide de prolonger la soirée en boîte, mais sans vraiment trouver un lieu qui nous attire. On décide de remettre ça au lendemain.

Samedi 3 août, j’ai entendu parler d’une colline avec un point de vue sympa au sud de la ville. Après un petit déjeuner à deux pas de la guest house à « la  Boulange« , boulangerie tenue par un français, direction donc le sud. Au bout d’une bonne demi-heure, j’aperçois un monument soviétique en haut d’une colline à la sortie de la ville. Deux autres collines entourent cette première; sur l’une, un immense dessin fait d’alignement de pierres et représentant Genghis Khan, sur l’autre, le symbole de la Mongolie dessiné de la même façon. Je monte jusqu’au monument, la vue est assez sympathique. Le temps l’est moins! Je ne traine donc pas trop, descend juste voir de plus près un grand Bouddha d’une dizaine de mètre qui se tient au pied des collines. Puis je rentre, j’en profite pour bénéficier d’une pluie généreuse!

Le soir, tout le monde est fatigué, on annule notre sortie pour rester à la guest house discuter, et notamment organiser la journée du lendemain. J’ai lu sur internet qu’il se tenait un Naadam pas loin de là le lendemain. Les Naadams sont des festivals très importants en Mongolie, avec notamment le très réputées courses de chevaux. Ils ont lieu normalement en juillet, mais une danoise nous confirme qu’elle a vu des tentes se monter à l’Est d’Oulan Bator ce jour là. On décide donc d’aller au Parc National de Terrelj le lendemain avec Laura et Hen, un israélien.

Dimanche 4 août, le trio se rend à l' »Information Center » pour savoir quel bus prendre. L’hôtesse semble septique quant à la tenue d’un Naadam. Peu importe, on a eu bonne presse du parc de Terrelj et on a tous envie de nature! De plus, on nous a dit qu’il fallait une heure pour s’y rendre. Nous voilà donc partis. Sauf qu’on ne sait pas exactement ou devrait se tenir le festival, on ne sait donc pas où s’arrêter, et le parc est grand! Bonjour l’organisation! Finalement, on fera 3h30 de bus pour nous rendre au dernier arrêt, dans un petit patelin, ayant passé la dernière heure de bus avec un gars bourré derrière moi qui venait de finir sa bouteille de vodka, et qui me tapa toutes les 2 min sur l’épaule en me disant « sorry sorry » (prononcez « soly soly »)! Pas de Naadam en vue, il est 15h et le bus repart à 19h! Globalement, nous n’avons que 4h pour.. ne pas savoir quoi faire! On nous indique un camp de yourtes de touristes mongoles ou l’on peut se restaurer. Hen avait eu la bonne idée de me convaincre d’amener mon ukulele, quant à lui, il ne se sépare jamais de sa guitare. Le repas de midi sera donc sous le signe de l’improvisation musicale.

Puis j’aperçois des mongoles jouer au basket. Il faut savoir que les mongoles adorent ce sport; même au fin fond de la steppe, vous trouvez des panneaux faits maison! Ca tombe bien, j’ai besoin de faire du sport! Bon, les mongoles adorent le basket mais au niveau des règles, ce n’est pas tout à fait ça. De plus, faire rebondir le ballon sur un terrain vallonné et en gravier, ça ne facilite pas la tâche. Après une heure d’une partie pour le moins original, je me rend compte que Laura et Her sont parti, on m’indique qu’ils sont allé flâner dans la forêt toute proche. Ces deux là ont l’air de bien s’entendre, ça tombe bien j’avais envie de visiter un peu les alentours seul. Mais avant, je veux me rendre dans la « Yourte Karaoké » où l’on chante à tue-tête depuis notre arrivée. Le mongole aime chanter, d’ailleurs le mongole chante tout le temps et on trouve des karaokés de partout. Mais dans une yourte, je n’aurait pas imaginé! Quelques minutes plus tard, je sympathise avec ces touristes avides de pousser leur voix et me retrouve à chanter avec eux.

Puis, je pars me promener en direction du village et manger un morceau dans un café avec des locaux qui m’accueillent à leur table.

Enfin, je retourne au bus ou j’observerai mes deux compères en retard courir au loin pour attraper le bus. On rejouera un peu de musique sur le trajet sous le regard amusé des autres passagers. Au final, on aura passé 7h dans le bus pour 4h de temps libre sans le moindre petit Naadam, mais l’après-midi a été bonne!

De retour au dortoir de la guest house, je salue les nouveaux arrivants et une voix familière m’interpelle: c’est John avec qui j’étais parti sur l’Île d’Olkhon en Russie. On se raconte nos péripétie, on prévoit de passer un peu de temps ensemble le lendemain, il veut m’emmener dans un restaurant avec buffet. Entre temps, je vérifie mes mails et me rend compte que Batuul, une connaissance mongole d’une amie de ma sœur, dont je vous ai parlé dans le dernier article (pour plus de précision, elle est en fait la sœur de la femme du beau-frère de l’amie de ma sœur!), vient de me répondre par mail, je n’y croyais plus! Elle me propose de se rencontrer le lendemain. Le rendez-vous est pris!

Lundi 5 août, j’ai décidé depuis quelques jours de prolonger mon visa mongole de deux semaines. Je me rends donc le matin au Centre d’Immigration, à côté de l’aéroport, à 30min de bus environ. Les démarches sont faciles et il m’en coûte 28 raisonnables euros. Puis, je pars manger et Batuul me rejoint. Il se trouve qu’elle parle anglais couramment après avoir passé 5ans aux Etats-Unis pour ses études. On passe l’après-midi ensemble, j’ai le droit à un cours particulier de mongole qui me sera utile par la suite! On se quitte en fin d’après-midi.

Ce jour là, c’est aussi la date à laquelle nous devions appeler la mongole rencontrée dans le bus en provenance d’Oulan Oude pour Oulan Bator. Comme je l’avais expliqué dans le précédent article, nous avions peut-être l’opportunité d’aller faire du volontariat où l’on souhaitait en Mongolie, soit du nettoyage et de la sensibilisation des locaux à l’écologie (et il y en a besoin!). On fait chou blanc. Personne ne répond au téléphone qu’elle nous a donné. On décide donc de partir le lendemain, six jours à Oulan Bator sont amplement suffisants pour vouloir fuir la ville, en attendant de pouvoir éventuellement joindre notre chargée de projet fantôme. On choisit de partir au nord, dans l’Aïmag (ou Province) de Khövsgöl, ou se situe le lac du même nom. Beaucoup d’amoureux de la nature s’y rendent pour les soi-disant splendides paysages de la région et la diversité de ses populations locales.

Il est temps de se rendre au restaurant que John veut me faire connaitre. C’est à quatre que nous nous rendons nous remplir l’estomac dans un restaurant mongole: John, Laura, un ami turc qu’elle a rencontré à Irkoutsk, et moi. On s’attaque donc au buffet avec pleins d’ambitions, mais celui-ci aura raison de nous au bout de 2 assiettes ou 3 pour les plus vaillants! En sortant, on rencontre deux espagnols vivant en France à la sortie du restaurant et toute la troupe part boire un verre ensemble.

Mardi 6 août, pendant le temps de midi, Laura et moi nous rendons à la station de bus acheter nos billets pour Mörön, capitale de l’Aïmag, à 80km du lac Khovsgol. 20h de bus nous attendent! De plus, on nous a promis des surprises quant à l’état de la route! On trouve assez rapidement notre moyen de transport, on dirait un peu un car de ramassage scolaire, 35 places environs, mais nous serons une cinquantaine à partir! Tant qu’il y a un petit coin pour s’assoir, ça rentre! Les différents bagages entreposés sur la voie centrale comptent bien entendu comme des sièges!

15h, heure du départ. Laura et moi sommes tombés sur les sièges où l’on a le moins de place pour les jambes. Elle doit mesurer 1m65 et a du mal a être assise correctement, je ne vous raconte donc pas le confort avec mes 1m95! Mais peu importe, l’ambiance est bonne, le volume de la radio augmente, on est content de partir. D’ailleurs, nous ne sommes pas les seuls à être contents, mon voisin de l’autre côté de la voie centrale semble déjà avoir un coup dans le nez. Il est tout sourire. Il est sympa en tous cas, on essaye de communiquer. Il boit son litre de bière tranquillement. Tout va bien jusqu’au moment on le chauffeur du bus s’arrête pour prendre de l’essence. Mon voisin a alors la bonne idée d’aller s’acheter un bouteille de vodka. Cette bouteille va rythmer les heures qui suivent. Car celle-ci entamée, notre alcoolique commence à parler plus fort, à essayer de faire boire ses compatriotes, puis à chanter. Au bout d’une demi-heure où il dérange vraiment les autres passagers, le collègue du chauffeur craque; il se rue sur lui et commence à le frapper. On essaye tant bien que mal de les calmer. Ca crie, le bus s’arrête, le bourré se fait virer une première fois du bus, tombe, vide sa vessie, boit de grandes rasades de vodka mais est réadmis quelques minutes plus tard. Puis, il continue de faire n’importe quoi, continuant à vider sa bouteille de vodka, alternant le port de sa casquette rouge et de son tee-shirt rouge avec celui de sa casquette blanche et de son tee-shirt bleu! Il ne néglige point non plus son déodorant dont il asperge tout le bus! Ce sont alors les autres passagers qui commencent à s’en prendre à lui et les coup recommencent à pleuvoir! Le bougre essaye tant bien que mal de rivaliser, mais plus le temps avance, plus il est bourré, plus il est agressif, et plus il ramasse des coups mais est inoffensif, déjà qu’il n’est pas vraiment taillé comme un boxeur. Au final, on se retrouve à lui tenir les bras pour éviter qu’il provoque. Certains veulent le virer, ça crie, notamment cet anglais qui balance le sac de l’ivrogne, voulant laisser ce dernier en plein milieu d’une steppe désertique, incapable de se gérer… Le bus s’arrête à nouveau, il se fait virer à nouveau, retombe, à plus de mal à se relever cette fois, essaye de continuer à boire et est réadmis sans que personne n’arrive vraiment à le raisonner. Cette fois, il est vivement invité à rester à l’avant. Il continue à sombrer dans un état ou il ne contrôle plus rien, provoque un des passagers qui le frappent, projetant sa tête à travers la vitre de la portière du bus, heureusement en plastique. Moment de stupeur! On s’arrête quelques kilomètre plus loin pour dîner et réparer la vitre. Beaucoup mettent la main à la patte. Et aussi étrange que cela puisse paraître, quelques passagers, dont ceux qui ont usés des poings, s’occupent de notre homme, qui traine au sol. Le départ sera ensuite plus calme, même s’il sortira encore 2-3 fois du bus, la bouteille de vodka que personne n’a vraiment réussi à lui ôter est désormais terminée, l’alcoolique finit par s’assoupir par terre, nous laissant à Laura et moi une drôle d’impression. Les mongoles sont intransigeants avec les alcooliques et très vites agressifs, mais pour autant dans cette situation,  il ne l’ont jamais laissé tombé, et tout au long du trajet il l’aideront même à marcher, à aller aux toilettes.

Le calme est revenu, mais dès 21h, l’agitation va reprendre mais au sens littéral du terme: plus de goudron, la route devient sentier en terre, et toute la nuit sera rythmée par des bonds dans tous les sens, dans ce bus on avait déjà du mal à tenir en place! La nuit sera longue; on s’y attendait, on savait qu’on se reposerait après le trajet, mais la nuit a quand même été longue! On s’est même retrouvés à traverser une rivière, avec au moins 50cm de profondeur, du grand n’importe quoi. En fait plusieurs sentiers ont été formés avec le temps, et on se retrouve dans un immense labyrinthe ou tous les moyens de transports essayent de trouver le meilleur chemin, évitant au maximum la boue, les rochers,… en pleine nuit, on voit des gens sortir de mini bus embourbés, même pousser celui-ci. Mais les chauffeurs semblent habitués, parfois ils s’arrêtent plusieurs minutes, sortent du bus, on ne sait pas trop pourquoi. C’est complètement invraisemblable. Un voyageur qui a beaucoup vadrouillé me racontera plus tard que la Mongolie est le pire pays qu’il ait connu en terme de route: heureusement, je vois pas comment on pourrait faire pire! Seul point positif: en 15h on s’habitue, la fatigue accumulée aidant à s’endormir bien entendu, mais après ça vous pouvez dormir n’importe où!

Mercredi 7 août, après quelques heures de sommeil léger, on arrive enfin à Mörön vers 10h. Dès la sortie, une dame nous aborde et nous invite à venir dans sa guest house discuter de ce qu’on peut faire: c’est Saraa, elle est guide et apparemment businessman aussi! On est crevé, on veut juste se reposer, mais elle réussi à nous convaincre. Elle est en fait en train de construire sa guest house, elle a un statut important au niveau du tourisme de la région. Elle est sympa et intéressante. Elle nous invite à nous reposer l’après-midi. On compte se rendre au plus vite au bord du lac Khovsgol, à 80km. Quelques guest houses existent là-bas, à Hatgal, seul village au bord du lac. Saraa appelle donc un mini bus pour nous emmener en fin d’après-midi. On profite donc des quelques heures de libre pour se reposer et rencontrer Stéphane, un clermontois de 36ans qui a décidé de tout plaquer pour aller vivre en Mongolie. Il travaille dans la guest house et en pleine construction de la salle de bain.

Puis le mini bus vient nous chercher vers 17h, et nous amène directement devant une guest house « Garage 24« . Le coin est paisible, c’est exactement ce qu’il nous fallait! On rencontre Sophie, une française qui passe un mois dans le pays, et que Stéphane avait rencontré la veille. Elle projette de partir quelques jours à cheval et attend de trouver du monde pour l’accompagner et ainsi partager les frais. Elle doit rencontrer un guide qui bosse avec l’hôtel le lendemain matin. Laura et moi ne sommes pas trop intéressés de peur de payer cher, et j’ai de plus rencontré deux belges dans une petite épicerie du village qui m’ont donné la carte d’un guide avec des tarifs inégalables (l’équivalent de 10euros pas jours).

Nous faisons aussi la connaissance d’un espagnol qui vient de finir 3 mois de travail comme guide. Il revient de 13jours à cheval et a une douleur à l’épaule qui le gène beaucoup. Je me retrouve ainsi à reprendre une nouvelle fois du service en kinésithérapie.

Jeudi 8 août, après une bonne nuit récupératrice, on se lève tranquillement et rencontrons Suye, le fameux guide qui avait rendez-vous avec Sophie. L’espagnol rencontré la veille s’est proposé de nous aider. Suye propose un voyage à cheval de 9jours à cheval à l’ouest du lac Khovsgol, avec entre autre des rencontres avec des locaux. Le prix pas jour descend à moins de 15euros, ça vaut le coup et le programme semble génial. On se décide, le départ est annoncé pour le lendemain à 10h.

Le reste de la journée sera donc tranquille, un camp de yourtes non loin de notre guest house propose une connexion internet pas chère. Je me retrouve donc sur mon ordinateur dans une yourte, au milieu d’un couple de deux mongoles de 70ans passés qui font des va et vient, original!

Mardi 20 août, on rassemble les affaires, Suye arrive avec un autre guide et les chevaux. A 11h, on décolle enfin. Mais au bout de 50min, l’écharpe que Laura avait mise dans sa poche comme à pendre à côté de la tête du cheval. Suye a à peine le temps de dire à Laura de faire attention que le cheval commence à paniquer et à accélérer. Laura prend peur et décide au bout de quelques secondes de sauter, ne voyant pas dans l’action que Suye vient l’aider. Elle finit ainsi au sol. Mais la chute ne s’est pas aussi bien déroulée qu’elle l’aurait espéré, elle s’est blessée au bassin et ne peut plus se relever. Ca n’a pas l’air très grave, mais la douleur est importante. Suye appelle un ami motard qui vient la chercher et la ramener à la guest house. Quant à Sophie et moi, nous rentrons avec les chevaux, les 9 jours auront duré 1h30!

On emmène ensuite notre blessée à la clinique. Rien n’est cassé, ouf! Cependant, elle a le bassin en vrac, et une grosse inflammation. Donc repos pour elle, et donc repos pour nous! On décide d’attendre quelques jours avec elle pour voir comment son état évolue et pour que l’inflammation ait suffisamment diminuée pour que je puisse l’aider à retrouver un dos droit!

On passe ainsi le reste de la journée au petit soin de notre blessée, je vous avoue que j’aurais préféré éviter devoir la porter ne serait-ce que pour l’emmener aux toilettes, qui se trouvent dans le jardin, mais ça a au moins fait rire tout le monde!

Je partirai quand même faire une bonne balade sur hauteurs du village.

Ce jour là, on rencontre, pour changer, une autre française, puis cinq belges venus de Oulan Bator en moto. On passe une bonne soirée tous ensemble.

Samedi 10 Août, pas grand chose à raconter, Laura a un peu moins mal mais ce n’est pas encore ça!  Je passe un bon moment dans la Yourte-internet avec la famille du couple mongole, il y a même les enfants et les petits-enfants ce jour là!

Par ailleurs, je n’ai plus assez de cash. Il se trouve aussi qu’il est impossible de retirer de l’argent à Hatgal, les distributeurs ne répondent qu’aux cartes des locaux et la seule banque (dans une espèce de grande cabane en bois) refuse toute carte internationale.

Le moral, lui, n’est pas au beau fixe. Ca fait 11 jours que je suis en Mongolie et j’ai l’impression de tourner en rond. De plus, je commence à tomber malade. Je cherche donc à trouver un moyen de changer d’air. Le belges et leurs motos m’ont donné envie de prendre la route! La veille, je suis parti avec l’un d’entre eux faire des courses, ils ont les motos que tout le monde a ici, vitesse maximale 80km/h, et encore il faut que ça descende! Mais ce sont des motos increvables, très stables, et la vitesse est parfaite si on veut prendre son temps et profiter. Et même mes connaissances réduites à quelques tours avec mon père 15ans auparavant suffirent à faire fonctionner l’engin! Ainsi, le soir, je demande à la propriétaire de la guest house et à Suye s’il est possible de louer une moto et de partir faire la route qu’on aurait du faire à cheval. La réponse est claire, pour trouver, il faut acheter. Suye me dit qu’il peut essayer de demander à un ami de louer sa moto, et lui m’accompagnerait avec Sophie sur le sienne. Et comme je dois retirer du cash, il me propose de me laisser conduire sa moto le lendemain avec lui derrière moi jusqu’à Moron, il a des choses à faire. En échange, je paye l’essence. Marché conclu!

Dimanche 11 août, Suye est là comme prévu. Il me fait porter un joli casque rose bonbon, lui se contente de sa caquette. Ici personne ne porte de casque, mais il est conseillé aux touristes d’en avoir un, les policiers peuvent facilement embêter, et on ne précisera pas que c’est surtout important pour la sécurité! Suye conduit une Mustang 150, comme les belges rencontrés deux jours auparavant et surtout comme beaucoup de locaux. On arrive environ 1h15 après à Moron où il reprend les commandes, m’emmène boire le thé chez des amis, puis on se rend à la banque chercher du cash, à la cafétéria manger et chez la coiffeuse couper les cheveux de mon compère! La coiffeuse s’emploiera corps et âme à me convaincre de me couper les cheveux, en vain. Elle réussira quand même à me faire un rafraichissement de la barbe! Je crois que j’en avais besoin…

Puis, on retourne chez un ami qui prend sa moto et nous accompagne. Arrivée à la sortie de la ville, Suye arrête la moto, nous fait descendre, pose le casque sur le guidon, rejoint son ami, monte sur la moto de ce dernier et se retourne en me disant au revoir d’un grand signe de la main. La moto démarre, je me retrouve seul au bord de la route avec sa moto! Ni une, ni deux, j’enfourche la bécane, met les gaz et prend le chemin du retour, ravi. Je le suis un peu moins quand la pluie se met à tomber, j’arrive à la guest house heureux mais congelé! J’étais déjà un peu malade, le réchauffement fut difficile!

Finalement, Suyé ne me proposera rien d’intéressant en moto pour les jours suivants. Or, je veux toujours partir, je ne veux pas rester ici un jour de plus. Après une longue séance de kiné avec Laura, la propriétaire de la guest house, accompagnée d’un ami à elle qui est guide, nous propose de partir en minibus jusqu’au plus beau coin de la région et de faire plusieurs jours de cheval, à la rencontre de locaux sédentaires et nomades. Sophie est de la partie ainsi que Dominique, un allemand, et Lejeon et Guefen, deux israéliens, tous trois fraichement arrivés. Le prix reste abordable (environ 18,5€ par jour).

Après de mûres réflexions, le projet est accepté par tous: départ le lendemain matin en minibus russe, omniprésents dans la région du Baïkal en Russie, on longe la moitié du lac, puis on coupe à travers les montagne pour gagner la maison des parents de Gamba, notre nouveau guide, vers Renchinlkhümbe! Le lendemain, on prend les chevaux et partons 4 jours à la recherche des Tsaatans, un peuple nomade qui vit dans des tipis et élèvent des rennes. Oui ce n’est pas une blague, ils sont vraiment sensé exister! Ensuite, retour au village de Tsagaannuur où l’on prend un bus publique pour Mörön. Le tout en 6 jours.

L’aventure va repartir de plus belle, mais ça, je vous le raconterai dans le prochain article!

3 réponses à “Mongolie: Oulan Bator – Terrelj – Aïmag de Khövsgöl

  1. Si ça continue , tes récits croustillants …
    on va arrêter de travailler et on va te rejoindre !

  2. Finalement, même au bout du monde, on a toujours besoin d’un kiné près de chez soi …En tout cas, super le blog.

  3. C’est marrant, ce que je retiens de cet article c’est ta chevauchée… en moto ! Pas mal pour selon qu’on a essayé la 125 2 ou 3 fois au bois des pins ! PS : « pour selon que » c’est une expression stéphanoise, pour que tu n’oublies pas tes origines 😉 bizou

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