De Mörön à Oulan Bator: Retour agité pour mieux repartir

Dimanche 18 août. Ca fait désormais 2 mois que je suis parti, deux mois déjà!

Je me revois encore au point de départ, dans la station essence près de chez moi, cherchant la première voiture qui me permettrait de commencer mon aventure! Et en même temps, il s’est passé tellement de choses… Beaucoup plus que je ne l’aurais imaginé. Mais ce n’est encore que le début, et je ne vais pas m’en plaindre!

Matthias, un kiné d’un cabinet de groupe dans lequel j’ai travaillé vers Grenoble, avait parié que je serais rentré avant deux mois; à l’heure ou j’écris l’article, ça fait deux mois et demi que je suis parti. J’espère donc bien me faire payer à boire quand je reviendrai leur rendre visite! A bon entendeur!

Donc dimanche 18 août, après une bonne nuit de sommeil dans la yourte d’une guest house de Mörön, dans l’aïmag de Khovsgol, Sophie, Dominique et moi-même décidons de partir visiter la ville. Mais avant tout, je dois retourner à la guest house de Saraa, la locale qui nous avait abordé à notre arrivée à Möron (cf article Mongolie: Oulan Bator – Terrelj – Aïmag de Khövsgöl), pour lui donner du matériel qui m’avait été prêté à la guest house de Hatgal. Arrivée là-bas nous retrouvons une voyageuse qui nous est familière: c’est Laura, qui, après s’être reposé et avoir visité les alentours de Khovsgol, était retournée à Moron avant de rentrer sur Oulan Bator le lendemain. Elle va beaucoup mieux, boite un peu par moment du fait des douleurs résiduelles, mais rien de comparable à une semaine auparavant! On se (re)dit donc au revoir, mais sachant qu’il est probable qu’on se recroise à Oulan Bator.

Puis nous partons visiter Moron. A la guest house, on nous a dessiné un plan de la ville. Direction donc en premier lieu le « Black Market » ou « marché noir » pour nous autres francophones! C’est l’effervescence. Ici on vend tout et n’importe quoi. C’est très sympa à voir, d’autant plus que ce marché et l’un des plus grands du pays, après bien sûr celui d’Oulan Bator que je n’ai pas encore eu l’occasion de visiter. Après un délicieux repas dans un restaurant végétarien, on se rend chercher un centre d’information, qui s’avèrera fermé, avant de nous rendre à côté sur la place de la mairie, lieu improbable car désert. En effet, l’hôtel de ville se trouve complètement excentré du vrai centre, où se trouve le marché noir. On nous a enfin parlé d’un monastère bouddhiste à la sortie de la ville, qu’on nous a décrit comme étant à 6-8km de notre guest house. Finalement, en 15 minutes à pieds, nous y sommes!

Ce n’est pas la première qu’on me donne des distances complètement erronées. A Oulan-Bator, j’avais demandé le trajet pour me rendre à un magasin à deux personnes différentes, qui m’avaient indiqué que je devrais marcher 1 à 1,5km, pour finalement me rendre compte que je n’étais même pas à 500m! Après en avoir parlé à plusieurs personnes, on est arrivé à la conclusion qu’ils ne devait pas avoir l’habitude de marcher!

Le monastère se trouve à côté d’un parc garni de jeux pour enfants sculpté dans du béton. L’herbe est haute et celui-ci semble abandonné. L’atmosphère qui s’y dégage est assez étrange. Plus personne ne vient ici, c’est clair. En effet, on imagine mal les parents emmener leurs enfants au parc; ils sont plutôt toujours à trainer dans la terre devant chez eux.

Enfin, le monastère est très joli. Il a compté jusqu’à 2000 moines. Aujourd’hui ils ne sont plus que 40.

Le soir, on se rend au restaurant avant de trouver une sorte de discothèque. On y retrouve un argentin et un mongole qu’on a croisé précédemment. La soirée est bonne mais rapidement terminée: à minuit l’endroit ferme ses portes: frustrant!  Lundi 19 août, Dominique et moi avons prévu de partir à Tsetserleg, dans l’aïmag d’Arkanghai, en stop (cf article précédent). Après s’être renseignés, on se rend sur la route qui mène au lac Blanc (Tsagaannuur) ou l’on souhaite passer la première nuit, avant de rejoindre la ville en question. On sort notre pancarte écrite en cyrillique et la brandissons fièrement à chaque nouvelle auto!

On nous a confié que ça devrait être « ok » pour trouver une voiture. Je ne sais pas exactement ce que signifie « ok » chez les mongoles, mais on attendra 2h et tous ceux qui s’arrêteront nous dirons que c’est impossible ici! Pour l’anecdote, une des voitures qui ne s’est pas arrêté et nous ne a même pas fait un petit signe pour nous dire que ce n’était pas leur route, était immatriculée en France, avec deux personnes avec de bonnes têtes de français typiquement pas sympas! Merci la solidarité à l’autre bout de la planète!

Finalement, trois jeunes et un gamin viennent à notre secours, nous conseillent un autre chemin et nous propose de nous emmener à la station de bus pour nous aider. Le petit est l’enfant de l’un d’entre eux. Ils ne semblent pourtant n’avoir que la vingtaine et il est midi et ils sont déjà à la bière. L’un des gars ouvre le coffre laissant apparaître tout naturellement une tête de chèvre ainsi que quatre bouts de pattes. Très apetissant! Il nous emmène donc à la station de bus et c’est là qu’ils essayent de nous arnaquer: on ne s’y attendait absolument pas, ils étaient très sympas, mais arrivé là, il nous demande une somme exorbitante, prétextant qu’ils sont un taxi et que l’on vient d’effectuer 16km! Alors qu’on était sorti de la ville à pied et avions effectué à peine 20 minutes de marche… S’engagent alors des négociations, on fait d’abord mine de ne pas comprendre, mais voyant que ça ne marche pas, on accepte de leur payer le tarif des taxis (1km=1000tg soit 0,5€ et nous estimons avoir fait moins de 2km). Mais ils ne lâchent rien, au bout de 20 min, ils nous demandent pourtant de l’argent pour 5km. Le trajet a déjà bien diminué! Mais on décide de ne rien lâcher, on ne compte pas se faire avoir. Tout en gardant le sourire, encore 10min après, on les invite à venir avec nous demander les prix à notre guest house. Ils hésitent puis deux d’entre eux nous accompagne. En route, on leur explique qu’on va aller voir la distance exacte sur internet! A ce moment, l’un d’entre prend d’étranges douleurs aux genou qui l’empêchent d’aller plus loin. Curieux, n’est-ce pas? Puis il commence à gémir comme quoi il a un enfant,… alors qu’il est déjà à moitié bourré à 12h et que son gamin traine dans la voiture… Bref pas crédible! Ils abandonnent finalement toute négociation et acceptent de ne rien recevoir. Ils vont finalement même nous montrer des bus à prendre pour nous rapprocher de notre destination! On leur donnera finalement un peu moins d’un euro, ce qui correspond à la distance parcourue. En tous cas, tout le monde est resté souriant tout au long de la discussion!

Après toutes ces émotions, Dominique et moi nous rendons demander à des minibus combien ils prennent pour nous emmener. Les prix sont exorbitants! La route est très mauvaise pour aller à Tsagaan Nuur ce qui explique les prix. Finalement, après encore plusieurs minutes de négociations, entourés pas une petite dizaine de chauffeurs, on abandonne. On retourne alors à la guest house ou Sophie s’apprête à partir. On compte prendre un bus pour Bulgan et Erdenet ou Dominique essayera de faire du stop, quant à moi, je décide de rentrer sur Oulan Bator faire mon visa chinois. On se retrouvera ainsi dans le même mini bus que Sophie. En route pour 12h de bus, ça faisait longtemps!

Mardi 20 août, 4h30, arrivée à Erdenet. Dominique nous a quitté à Bulgan. On se retrouve avec Sophie, en pleine milieu de la nuit dans une ville endormie à rester bloqué devant l’entrée de tous les hôtels. On rencontre finalement des sortes de policiers de nuit qui nous aident volontiers à trouver un hôtel, allant même jusqu’à porter le sac à dos de Sophie jusqu’à la chambre. Le réveil est tardif, et on se rend donc directement manger dans un café. Erdenet ne ressemble à rien de ce qu’on a pu voir encore. La ville est assez petite mais s’est énormément développée lors de l’implantation d’une immense mine de cuivre à ciel ouvert au nord. Après avoir acheté nos billet de train de nuit, on part voir un panorama de la ville avant d’aller s’enfoncer dans les fauteuil d’un café-boulangerie pourvu d’une connexion internet.

Puis, direction la gare en taxi. On rencontre une dame qui parle anglais; elle nous trouve le taxi paye pour nous et nous pousse dans celui-ci sans même qu’on ne puisse la rembourser! Arrivée à la gare, on voit subitement débarquer notre ami Dominique! Après avoir débarqué à Bulgan et avoir dormi dehors, on l’a incité à chercher un bus pour Tsetserleg à Erdenet, qu’il a loupé à quelques minutes près. Il rentre donc aussi à Oulan Bator. Décidemment! Le train de nuit se dirigera vers Darhan avant d’emprunter un morceau du trajet du Transmongolien, l’occasion pour moi de voir à quoi cela ressemble! Les paysages sont toujours aussi beaux.

Mercredi 21 août, arrivé à 7h à Oulan Bator. Tout est fermé, partout il est trop tôt pour qu’une guest house puisse nous accepter. On attend donc 9h pour aller déjeuner à Departement Store. J’en profite pour manger mon désormais habituel roulé au chocolat au 6ème étage de celui-ci, la serveuse m’accueille même avec un:

Hi, how are you?

Bref, il faut vraiment que j’arrête de venir ici!

Finalement la guest house est trouvée: « Green Steppe Mongolia« . Et comme toujours, en arrivant là-bas je retombe une nouvelle fois sur des gens que je connais: Romain et Ben, les deux français rencontré à Oulan Oude et à mon arrivée en Mongolie! Ils me préviennent que Laura est aussi dans la guest house! On part donc manger et je retrouve Laura l’après-midi dans la guest house. Le soir, tout ce petit monde part manger dans une cafétéria avant d’aller dans un pub où devait se tenir un concert. Mais on se retrouve à l’entrée d’un pub lougne hors de prix, tout le monde rentre donc. Cette nuit là ne va pas être de tout repos. Le plat que j’ai mangé à la cafétéria, du « tsuivan » (nouilles avec du bœuf qui était ce soir là du mouton pas frais du tout) n’était pas bon, et je fais une indigestion et tombe malade. Concrètement, les deux jours qui suivent, je vais rester quasiment tout le temps au lit.

Vendredi 23 août matin, j’ai juste la force de rassembler tous les papiers pour faire mon visa chinois. Avant d’aller à l’ambassade, je dois aller faire mes « faux billets d’avion » dans un Air Market. Du grand n’importe quoi encore: pour faire votre visa chinois, il vous faut des billets d’entrée et de sortie du territoire. Or je ne sais pas exactement quand je vais arriver et encore moins quand je vais partir de Chine. Donc, ce qu’il faut faire dans ce cas, c’est d’aller dans une agence de voyage, leur demander ouvertement des « fake flight ticket for the chinese visa » (faux billets d’avions) et en 10min, on vous donne le papier gratuitement. Vous avez même le luxe de choisir vos fausses destinations! A l’ambassade de Chine, on me pose quand même une ou deux question sur le but de ma venue en Chine et pourquoi un départ à Hanoï (Vietnam) ensuite. Je suis persuadé qu’ils savent très bien que la plupart des billets sont faux mais ça passe. De plus, j’ai l’invitation de mon ami Romain, qui habite Tianjin, ce qui est un gros plus. Vous pouvez, cela dit, faire aussi des fausses invitations… J’ai rencontré une hollandaise qui, pour faire son visa, a présenté 4 faux papiers sur 5 (le formulaire de l’ambassade ne pouvant pas être faux bien entendu!). Finalement, on me demande de payer 30 dollars: c’est bon signe car ça veut dire qu’ils acceptent de faire mon visa, mais ça veut dire aussi que je ne paye que pour 30 jours au lieu des 60 demandés. Je serai donc sans doute obligé de faire étendre mon séjour directement en Chine.

Samedi 24 août, je vais déjà mieux, je mange difficilement mais reprend quelques forces. Le soir, j’ai rencontré un anglais et un canadien qui ont fait le Mongol Rally. Cette course, qui n’en est finalement pas une puisque les participants choisissent leur itinéraire, est une des plus grandes du monde: l’objectif est de rallier Londres à Oulan Bator! 300 équipes inscrites environ qui ont voyagé en petite citadines comme en bus scolaire et ont empruntés des routes aussi différentes qu’originales; certains ont même traversé le Pakistan! Tout ça pour dire, que ces deux compères vont le soir même à la fête de clôture du rally. Je les accompagne. Le spectacle qu’on nous propose est très sympa: musiciens, danseurs, contorsionniste. Les spectateurs ont de grandes barbes et vous l’aurez donc compris, sont en grande majorité des hommes! Après le spectacle, je suis crevé, je n’ai pas totalement récupéré, je rentre donc assez tôt. J’ai bien fait, j’ai appris le lendemain que la soirée avait fini en bagarre générale entre barbus et mongoles! Un mongole bourré veut toujours se battre. Alors si vous le mettez avec un anglais ou un américain bourré, il n’en faudra pas beaucoup pour que ce dernier réponde!

Mon voisin de dortoir s’appelle Jérome mais appelez-le Jay. C’est un autre canadien. Il est québécois de Montréal et voyage en Asie depuis 13 mois. Il vient d’arriver en Mongolie et est intéressé pour aller à l’ancienne capitale Karakorum, puis partir jusqu’à Tsetserleg et Tsagaan Nuur. Je tiens ma revanche sur Tsetserleg! Le feeling passe tout de suite bien entre les deux francophones que nous sommes. On décide donc de partir le lendemain matin pour 6 jours.

Ces 6 jours-là vont être les plus fous depuis le début de mon voyage!

3 réponses à “De Mörön à Oulan Bator: Retour agité pour mieux repartir

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