Deux semaines de vie d’expatrié à Tianjin

Comme je vous l’ai dit précedemment, après 1 mois et demi de Mongolie, mon arrivée en Chine va être un grand bouleversement. D’autant plus que j’avais prévu de rejoindre directement mon ami Romain qui habite à Tianjin, une grande métropole, depuis un an et demi. J’ai ainsi l’occasion, d’une, de me reposer, de deux, d’essayer d’apprendre un maximum de chinois, et de trois, de vivre à la manière d’un expatrié pendant deux semaines environ.

Dès mon arrivée, le changement est brutal. Tout parait neuf ici. Des tours se construisent à perte de vue. Je ne connaissais pas Tianjin avant que Romain m’en parle et pourtant c’est juste une petite bourgade de 13 millions d’habitants! Et dans la province de Tianjin, on ne compte pas moins de 42 millions d’habitants. Pour vous faire un idée de ce que j’ai vécu auparavant, en Mongolie, 1,7 millions de personnes vivent à Oulan Bator, 1 million sont nomades et les autres habitent dans les autre villes , soit 3,2 millions d’habitants, soit peut-être un quartier de Tianjin !

Deuxième contraste: la nourriture. Ici, elle est variée, bien préparée. Il est vrai que dès le premier soir je me suis retrouvé à dîner dans un hôtel 5 étoiles où Romain se produisait avec son groupe de jazz. Je me suis régalé! Je n’ai pas mangé dans un tel restaurant en Mongolie. Mais les autres jours passés en Chine n’ont fait que confirmer cet aperçu de la qualité de la gastronomie chinoise.

Dernier contraste « majeur »: les chinois sont très, très gentils. Souriants, curieux de tout, à toujours vouloir nous prendre en photo, et souvent prêt à nous aider, d’autant plus s’ils voient que l’on fait des efforts pour communiquer. En Mongolie, il y a très souvent une arrière pensée des gens qui vous aident; tout est question d’argent, même l’auto-stop! Ça gâche les relations. Mais quand on voit la situation dans laquelle ils vivent en dehors de la capitale, est-ce qu’on peut toujours leur en vouloir? Enfin, cela dit, pour le moment, je n’ai pas rencontré de chinois bourrés agressifs!

Pour vous résumer mes deux semaines en quelques lignes, voici ce que j’ai vécu et ce qui m’a marqué. A noter, que j’ai passé beaucoup de temps à me reposer et à (essayer de) travailler mon chinois.

Vendredi 13 septembre, comme je vous raconté précedemment, arrivée à Tianjin, concert et buffet! Puis, après avoir découvert le bureau de mon ami, au 14ème étage d’une tour de 30 , bureau privé avec secrétaire, s’il vous plait; je découvre son appartement de 60m² au 12ème étage d’une tour de 30, avec une vue qui n’en laisse pas moins insensible. D’une grande baie vitrée faisant l’angle de son salon, on aperçoit au nord un zoo se prolongeant par un parc avec un grand lac entrecoupé d’îlots, puis d’un parc d’attraction. Au loin, s’impose la tour TV de 378m. Enfin, à l’est, la grande avenue est bordée par une immense zone commercial ainsi qu’un stade olympique, le tout rénové pour les Jeux Olympiques de Pékin. Ici, on a un peu l’impression d’être dans une série TV américaine!

Samedi 14 septembre, Romain a un autre concert dans un mariage. Cet homme est overbooké!

En fait, au fil des rencontres, il a rencontré beaucoup de musiciens, et se retrouve en contact avec de nombreuses personnes qui souhaitent avoir un groupe de jazz dans leur soirée, d’autant plus s’ils sont occidentaux! Il se retrouve donc un peu agent et musicien en même temps! Un deuxième boulot qui prend de l’ampleur, à côté de son travail d’architecte. Ça semble assez facile d’avoir un réseau. Ici, on a l’impression que tout est possible. Mais, comme le dit Romain, si on n’est pas chinois, on ne peut même pas monter sa propre entreprise. Donc des opportunités oui, mais pas de pérennité.

Je reste donc me reposer à l’appartement. Le soir, on se rend dans un bar rempli en majeure partie par des occidentaux! On y retrouve surtout des français, dont beaucoup ont en couple avec des chinoises. Puis, en route pour une boîte de nuit branchée où se produisent un groupe de philippins dont certains avaient joué au mariage l’après-midi avec Romain. Ils sont très bons et font danser des chinois déchaînés! Un groupe dans une boîte qui reprend tous les tubes récents, c’est excellent! Une curiosité, dans les night clubs chinois, la piste de danse est minuscule.

Dimanche 15 septembre, visite du vieux quartier des artistes (reconstruit en plus grand il y a quelques années), du temple, de la tour au tambour, des rues piétonnes, ainsi que des différentes anciennes concessions européennes lors des colonisations (anglaise, italienne, française), le tout avec mon guide touristique personnel, Romain!

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Le soir, après un restaurant avec la famille d’une amie anglaise de notre expatrié français, nouveau concert, dans un bar cette fois, comme tous les dimanche. Celui-ci se trouve à deux pas, on s’y rend donc à pied et je rencontre ainsi Erin, la femme de Craig, le contre-bassiste du groupe, ainsi qu’Anaïs, une chinoise qui parle français, qui a su ma présence grâce au pianiste! Elle souhaite améliorer son français, de mon côté je souhaite apprendre le chinois, on s’échange donc les contacts pour se voir dans la semaine.

Vous aurez remarqué le prénom occidental de notre nouvelle amie chinoise! En effet, j’ignorais complètement que les chinois se choisissaient toujours un prénom occidental. Les étrangers ne parviennent effectivement jamais à s’en souvenir autrement! Mais c’est aussi vrai dans l’autre sens. Au bout d’un certain temps, les expatriés se trouvent aussi un nom chinois, en rapport avec la prononciation de leur nom, le surnom qu’on leur donne ou encore parfois en rapport avec leur mégalomanie!

Lundi 16 septembre, Romain est au boulot. Ce jour-là je me rends visiter le parc à proximité de l’appartement. Le temps est un peu gris, comme souvent d’ailleurs, dommage. On ne sait jamais si c’est vraiment le temps ou la pollution qui donne cette couleur au ciel (sûrement un peu des deux!)

La plus grande tour en arrière plan est l’immeuble où habite Romain.

Un autre élément m’a marqué: la quantité d’employés à l’entretien du parc. Des dizaines disséminés aux quatre coins de celui-ci. Et le plus intéressant, c’est que je n’en ai pas vu un seul travailler alors que j’y suis resté au moins deux heures! Ils sont par petits groupes assis, semblant refaire le monde. J’en ai parlé à des expatriés qui m’ont expliqué que c’est comme ça en Chine, il faut un boulot pour tout le monde, donc on leur en donne un à tous, mais ce n’est souvent pas justifié. Et effectivement, on croise souvent des chinois dans différents types d’uniformes qui sont postés ça et là, on ne sait pas vraiment pourquoi (des fois ils donnent l’impression de ne pas savoir non plus!). Alors c’est vrai que les chinois ne sont pas au 35h, mais on m’a confié que si on regarde en heures effectives, ils ne font pas tous de longues journées! Bon, n’oublions pas non plus que le salaire n’est pas le même!

Mardi 17 septembre, j’ai rendez-vous en début d’après-midi avec Anaïs. Au programme, visite du musée de Tianjin. Puis on s’installe dans un café pour une leçon franco-chinoise! Romain nous rejoint ensuite avec sa secrétaire et nous nous rendons au restaurant.

Et oui, même en étant logé en appartement, on ne mange pas souvent chez soi! En Chine, il est bien souvent moins cher d’aller tout le temps au restaurant que d’acheter sa propre nourriture. Ainsi, un frigidaire d’expatrié est bien souvent vide! En tous cas, celui de Romain l’est! Et c’est assez original de voir qu’en bas des tours de 30 étages, vous avez un gros contraste avec les petits restaurants de rue.

Puis Rom me fait découvrir la vie nocturne dans les parcs: c’est tout simplement génial! Chez nous, le soir, les jeunes traînent dans les parcs et les vieux se terrent chez eux; ici c’est le contraire! Des dizaines de groupes se côtoient pour des activités aussi diverses qu’originales. Ainsi, certains peignent au sol, pendant que d’autres dansent, certains s’affairent à la percussion, d’autres au Taïshi pendant que d’autres se suivent en roller sur une musique entraînante. Tout le monde se moque de l’image qu’ils renvoient, les gens profitent juste à fond. J’adore la Chine!

Mercredi 18 septembre, comme vous le savez désormais, depuis le début de mon parcours, j’ai régulièrement essayé de faire du sport et notamment de l’ultimate frisbee. Avant d’arriver en Chine, j’ai trouvé sur internet le contact de l’équipe de Tianjin. Ils m’ont ainsi convié à leur entrainement ce mercredi et me voilà ainsi parti pour 3 h de sport dans l’Université des Sports de Tianjin. Un bon décrassage! A la fin de l’après-midi, ils me demandent de venir le samedi au stade de la faculté pour une démonstration. Bien entendu, j’accepte volontiers.

Jeudi 19 septembre, j’ai reçu un message de Shoen, une amie chinoise de Romain qui joue au badminton. Je l’avais rencontré pendant le week-end et lui avait dit que je voulais faire du sport. Elle m’invite ainsi à la rejoindre en fin d’après-midi en compagnie de ses coéquipiers. Après une bonne partie, on se rend au bar où se trouvent beaucoup d’expatriés, où l’on rejoint le groupe de français, dont Sabine et Max, un couple d’expatriés très sympas. Puis direction la boîte de nuit. Enfin on finit la soirée dans un restaurant ouvert 24h sur 24, avant de rentrer.

Vendredi 20 septembre, on prend les mêmes et on recommence, mais sans le badminton et avec Romain!

Samedi 21 septembre, j’ai rendez-vous pour la démonstration d’ultimate. Mon contact vient donc me chercher à notre point de rendez-vous et m’emmène jusqu’au stade. Au loin, à travers l’entrée, je vois que la partie a commencé, mais ce que je n’avais pas vu, c’était le public! Je m’attendais à jouer devant quelques curieux ne savant pas quoi faire de leur après-midi. Mais en rentrant dans le stade, je suis acclamé par 300 ou 400 étudiants de première année, telle une célébrité! C’est d’autant plus étrange qu’ils sont tous habillés en habits militaires (c’est de rigueur les deux premiers mois d’entrée à l’université). Quelques secondes plus tard, je me retrouve propulsé sur le terrain, seul étranger parmi tous ces chinois. Complètement irréel! A chaque bonne action, ça crie, ça applaudit,.. alors que le niveau n’est vraiment pas très élevé. Mais qu’importe l’expérience est folle! Et je ne pensais pas faire un jour de l’ultimate devant autant de monde! Malheureusement la démonstration ne dure qu’une demi-heure. On finira l’entrainement sur un autre terrain.

Dimanche 22 septembre, je pars me balader vers le quartiers des affaires. Je veux voir de plus près les plus hautes tours de la ville (hormis la tour TV).

Lundi 23 septembre, on s’organise un restaurant le soir avec Romain, bien entendu, et Erin et Craig, les deux américains que j’avais rencontré à mon arrivée. Souvenez-vous, Craig le contre-bassiste, et Erin sa femme!

Mardi 24 septembre, je retrouve Anaïs, la chinoise qui parle français, à son Université, et nous nous rendons en haut de la tour TV voir le coucher du soleil, tel que me l’avait conseillé Romain.

Mercredi 25 septembre, journée tranquille et surtout consacrée à l’organisation de la suite de mon voyage en Chine.

J’ai beaucoup de chose à voir, et ça fait déjà deux semaines que je suis à Tianjin. Or, mon compère canadien, Jay, m’a dit qu’il me rejoindrait seulement le 1er octobre à Pékin. Je décide donc de partir le Jeudi 26 septembre au matin pour aller visiter Pékin avant de me lancer à l’assaut de la Muraille de Chine!

Jeudi 26 septembre, je prends un taxi jusqu’au travail de Romain pour lui rendre ses clés et lui dire au revoir. Puis, direction la gare et Pékin.

Dernière anecdote avant de vous laisser: les chinois font exploser pétards et feux d’artifices partout et à tout heure de la journée. Alors quand c’est à 15h, ça ne me dérange pas trop, mais à 8h du matin sous ma fenêtre, j’aime un peu moins. Alors parait-il qu’ils permettent de chasser les démons, au moins j’ai été protégé!

Ainsi s’achèvent ces deux bonnes semaines passés chez mon ami de longue date. Content d’avoir pu passer du temps avec lui mais aussi content de partir, je commençais presque à culpabiliser de ne pas faire grand chose de mes journées! Mais surtout, une certaine Muraille m’attend dans les prochains jours, et je ne compte pas lui faire faux bond!

3 réponses à “Deux semaines de vie d’expatrié à Tianjin

  1. La chine c’est trop bien 🙂 et oui tu n’auras pas meilleure gastronomie!!!
    J’espère que tu ne prévois pas que des grandes villes! La où elle est préservée, la nature est belle. Gros bisous régale toi bien.

  2. Le rouge est-il la couleur fétiche des Chinois ? Surprise de cette couleur dominante , d’après les photos, dans les vieux quartiers de Tianjin , Quelle mégalopole ! Bon treck et bonne continuation sur le « great wall » .

  3. Nostalgie… ça me rappelle trop mon 1er voyage en Chine quand j’ai rendu visite à un ami expat 🙂
    Profite à fond ! mes préférences culinaires : les xiao long bao à Shangai, le poulet au citron, les aubergines frites… !!
    Gros bisous

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