En vadrouille dans la province méconnue du Guizhou

Mardi 12 Novembre, arrivée à Guiyang, dans la province du Guizhou, après encore une fois une nuit passée dans le train.

Je suis intrigué par cette région qui semble un peu oublié par les touristes du fait de son temps souvent maussade. Cependant, le couple de vieux baroudeurs français rencontré au Tibet (cf article Tibet) m’a confié que cette région était encore authentique et riche en minorités ethniques, notamment les Dong et les Miao.  Cela dit, je ne connais personne qui s’y soit rendu et pars donc pour une semaine de vadrouille dans un coin dont je ne sais presque rien!

Je trouve assez rapidement la seule auberge de jeunesse de la ville. Après un peu de repos, je pars à la visite de la ville, un parc se situe près du centre, et qui est peuplé par des singes. J’ai donc bien envie d’aller leur rendre visite. Dans mon hôtel, on ne parle pas anglais, ici les seuls touristes sont chinois. Donc soit j’ai mal compris, soit on s’est trompé, mais je ne trouve pas le bon bus qui devrait m’amener dans ce parc. Je décide donc de m’y rendre à pieds.. Je ne trouverai jamais le parc, et pour cause: j’avais pris la mauvaise direction!

Dans la soirée, je rencontre une chinoise à l’hôtel; elle parle très bien anglais. On part manger un hotpot, cette fameuse fondue traditionnelle chinoise. Et ici, la nourriture est très, très épicée! C’est très bon, mais j’ai aussi chaud que si j’étais en combinaison de ski au Sahara… Même ma nouvelle connaissance admet que c’est particulièrement épicé, alors qu’elle y est habituée.

Mercredi 13 Novembre, nous prenons tous deux le même train, après avoir attendu 3h vers la gare. Je pars à Kaili, plus à l’Est, ville entourée par de nombreux villages de différentes minorités. Quand à ma collègue chinoise, elle se rend un peu plus loin, à Zhenyuan, jolie petite ville au bord d’une rivière, où je compte me rendre dans quelques jours.

J’arrive le soir à Kaili, j’avais trouvé l’adresse d’un hôtel par cher dans un vieux guide, le taxi m’emmène au bon endroit, mais le petit hôtel a laissé place à un palace beaucoup plus classe. Je pars en quête d’un autre, que je trouve à quelques centaines de mètres de là. Puis je pars manger en ville. Même Kaili, qui est sensé être une petite ville compte son lot de buildings, son million d’habitant et son trafic incessant! Après deux mois de Chine, je suis encore assez crédule pour croire qu’une ville puisse être petite ici!

Jeudi 14 Novembre, je prends un bus assez tôt le matin pour Langde, petit village dans la campagne du Guizhou peuplé par la minorité Miao. Au bout de 1h30 de bus, me laissant découvrir bon nombre de petits villages avec ses maisons en bois et ses rizières, je parviens à Langde, qui est effectivement très joli.

Sur place, une villageoise me propose de me faire à manger pour une somme insignifiante. Je la suis et rencontre une chinoise sur le trajet de la maison. Elle parle anglais et même un peu français. Elle me confie qu’elle se rend à Leishan (et non pas Leshan), village un peu plus important à une demi heure, pour un grand festival, tel qu’il y en a tout au long de l’année dans cette province. Je décide donc de l’accompagner ainsi qu’un autre chinois de passage. J’en profite pour me balader un peu après ma délicieuse soupe de nouille! Je rejoins ensuite la troupe et nous voilà parti.

Le trajet ne dure que 20min. C’est alors que je comprends que Langde n’était absolument pas où je l’envisageais, mais à plusieurs dizaines de kilomètres de là, ce qui m’oblige à revoir l’itinéraire que je comptais faire! Je devrai donc probablement retourner à Kaili, ce qui ne m’enchante pas forcément, je dois l’avouer!

A Leishan, des centaine de voitures garées de partout, il se passe bien quelque chose ici! On arrive devant on stade à demi ouvert, où l’on peut voir des milliers de spectateurs. A l’entrée et sur la place de cette petite ville, plusieurs stands sont entreposées. On se croirait un peu à un match de foot, sauf qu’au lieu de joueurs, ce sont des buffles qui s’affrontent. On se joint donc à la foule.

Sauf qu’il ne se passe pas grand chose, soit les buffles ne veulent pas combattre, soit le combat est interminable. Et tout le public regarde le spectacle sans faire grand bruit. Bref, je préfère un bon match de l’AS Saint-Etienne au stade Geoffroy Guichard!

Je quitte donc le stade et me balade un peu vers les stands, avant d’aller chercher un bus en espérant en trouver un qui me ramène à Kaili, ainsi qu’un deuxième pour me rapprocher de Zhenyuan, la ville au bord de la rivière où s’était rendu ma compère chinoise de Guiyang.

Deux jeunes me proposent alors de me ramener, ils vont eux aussi à Kaili. Je monte ainsi dans leur grosse BMW Q7. Je peux donc espérer arriver rapidement à Kaili pour avoir le dernier bus de la journée. Je ne tiens pas à dormir une autre nuit à Kaili, qui n’a pas grand intérêt. Sauf que notre conducteur conduit non seulement tout doucement, mais en plus il passe son temps à s’arrêter pour prendre des photos.

Enfin, les deux amis veulent absolument me déposer dans le centre pour m’aider, mais sont incapables de trouver le chemin, même après plusieurs appels téléphoniques: bref, je dormirai à Kaili ce soir là.

Vendredi 15 Novembre, je me lève assez tôt pour prendre un bus pour Zhenyuan. Je m’attendais à 1h30 de trajet, ce sera finalement 3h30. Qu’importe, il fait beau et le paysage est magnifique.

Zhenyuan est une ville assez peu connue des touristes étrangers (sans doute car on en parle peu dans les guides), mais très prisée par les chinois. Les maisons traditionnelles au bord d’une eau turquoises sont très sympas.


Arrivée sur place, je cherche une guest house dont j’avais vu le nom sur internet. En vain, au bout d’une heure et demi de recherche, un dame me propose un chambre dans son hôtel avec un prix convenable. Je me rend donc à l’adresse qu’elle m’a indiqué et rencontre en chemin un groupe de jeunes chinois avec des sac à dos, dont un qui parle anglais. Il s’en vont trouver un hôtel bien placé et négocier le prix. Ils m’invitent à les accompagner. J’accepte donc et une heure encore après, nous posons nos sacs dans un petit hôtel très sympa au bord de l’eau, avec une terrasse offrant une vue imprenable sur un pont et un temple; le tout pour deux fois moins cher.

Puis nous allons manger. Je n’ai presque pas mangé de la journée, eux non plus. Nous nous rendons ainsi manger un hotpot plus que garni.


La nuit tombée, je les accompagne au sommet de la montagne qui domine la ville, où nous trouvons une petite muraille sur quelques centaines de mètres. Des escaliers rendent l’accès très facile.


Ce soir là, je décide de rester deux jours ici, avant de partir à Fenghuang dans le Hunan, une autre ville au bord d’une rivière.

Samedi 16 Novembre, grasse matinée après une bonne nuit de sommeil et petit déjeuner au soleil sur le balcon. Puis, je m’en vais acheter mon billet de train pour Huaihua, dans la province du Hunan, d’où je prendrai un bus pour Fenghuang; départ le lendemain matin. Une fois le billet acheté, je me rend chercher un point de vue en hauteur de la ville en sortant des sentier battus. Je trouve finalement moyen d’accéder à une autre montagne via un petit sentier entre deux maisons, et m’enfonce alors entre les plantations jusqu’à me retrouver seul dans la campagne, avec seulement quelques paysans qui cultivent leur terre. Après une bonne marche de 4h, je rentre à mon hôtel, je dois me coucher tôt si je veux réussir à me lever le lendemain!

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Dimanche 17 Novembre, réveil 5h20, départ à 6h40 pour Huaihua. J’aurais pensé finir ma nuit dans le train, c’était sans compter que j’étais en Chine, et qu’ici, quelque soit l’heure de la journée (ou de la nuit!), les gens réveillés crient pour communiquer, que ce soit avec leur voisin qui se trouve à 50cm, ou à leur téléphone… Bref, c’est un très bon exercice pour travailler sa patience et son sang froid: merci la Chine de me rendre meilleur chaque jour!

Arrivée à Huaihua, je trouve assez facilement la station de bus, à quelques centaines de mètres, et j’ai la chance de partir directement. 1h30 plus tard, nous arrivons à Fenghuang. Je suis un jeune chinois qui a une adresse d’hôtel, pose mes affaires et part me restaurer avant de tenter de finir ma nuit! Puis je pars une nouvelle fois pour ma marche quotidienne, fait le tour de la ville qui est effectivement très belle, mais bondée de touristes chinois!

Je me rend alors vers une pagode qui surplombe la ville. Le chemin qui y mène est à l’abandon. Comme très souvent, dès qu’il s’agit de marcher, les chinois passent leur tour! je rencontre qu’un groupe de quarantenaire à moitié bourrés qui ont sans doute entrepris leur seuvrage en montant cette colline. Au vu de leur transpiration et de leur odeur d’alcool, le choix semble judicieux! Bref, arrivée en haut, j’ai la surprise de voir que quelqu’un a aménagé un petit coin de vie au rez-de-chaussée de la pagode, et fait payer l’entrée!

On échange quelques mots, et me fait rentrer finalement à un prix dérisoire. C’est assez original, cette tour laisée à l’abandon. La vue au sommet donne une vue imprenable sur la ville et les alentours. Malheureusement, je n’ai pas de belles photos à vous montrer du panorama, mon appareil photo ayant conservé quelques grains de sable du désert de Gobi (Mongolie) qui sont venus s’inviter dans l’objectif. Oui ça fait plusieurs mois et je ne l’ai toujours pas fait nettoyer…

Je pense avoir fait le tour de Fenghuang, j’irai simplement ma balader le soir pour voir la ville éclairée, et décide de partir le lendemain vers les terasses de riz de Longji, proches de Longsheng, au nord du Guangxi.

Lundi 18 Novembre, réveil à 6h une nouvelle fois, comme on dit chez nous: « ça commence à tirer dans les pattes »! Après un premier bus pour Huaihua à 7h, puis un train de 5h qui me dépose en plein milieu de la campagne, puis un mini bus qui m’amène à la petite ville de Sanjiang, puis un dernier bus de 2h, j’arrive à 17h30 à Longsheng, soit une demi-heure trop tard pour attrapper le dernier bus pour les risières de Longji et ses guest houses… Je pourrais rester là une nuit, mais je suis épuisé; il reste encore un bus qui part pour Guilin, j’achète alors le ticket et me voilà parti pour encore 3h de bus!
Arrivée à Guilin, une famille de locaux me conduit à une guest house où je peux me poser: enfin!

Ce fut une semaine très enrichissante, ou je n’ai croisé quasiment aucun autre étranger. Mais qui dit sortir des sentiers battus, dit se débrouiller avec des gens qui ne vous comprennent pas, faire beaucoup de kilomètres sans savoir vraiment où l’on va. C’est donc très fatiguant. Mais c’est ça l’aventure, et je vous avoue que j’aime ça!

Dans le prochain article, je vous invite à découvrir les magnifiques paysages de Yangshuo, accompagné de Drôles de dames!

2 réponses à “En vadrouille dans la province méconnue du Guizhou

  1. cool ton blog. pour l’instant j’ai surtout lu cet article… Merci à la Chine de te rendre meilleur chaque jour lol. Bon road trip au Timor! Sam

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